ORL > Maux de gorge

1. Comprendre

Le mal de gorge n’est pas une maladie, mais plutôt le symptôme d’une inflammation de la gorge. Selon la localisation, il s’agit d’une pharyngite (pharynx), d’une angine (amygdale) ou d’une laryngite (larynx).

Un temps froid et sec favorise les maux de gorges.

La gorge est irritée, elle peut être rouge ou comporter des points blancs ou un enduit blanchâtre. La voix est parfois enrouée et une difficulté à avaler peut également être présente.

Dans certains cas, de la fièvre, des frissons et tous les autres signes habituels d’un refroidissement (toux, éternuement, nez qui coule) accompagnent les maux de gorge. Une mauvaise haleine est possible, tout comme des douleurs musculaires ou une sensation de malaise ou de fatigue générale.


2. Causes

  • L’infection virale est la cause la plus courante des maux de gorge (environ 80 % des cas). Des centaines de virus peuvent être à l’origine du mal de gorge, comme celui responsable de la rhino-pharyngite, de la grippe, de l’angine, de la laryngite, ou d’autres virus respiratoires. Les angines virales s'accompagnent généralement d'une fièvre modérée (entre 38 et 39°). Elles peuvent être dues à de nombreux virus banaux, mais aussi à une mononucléose ou à un herpès, la rougeole, la varicelle…
  • Les maux de gorge d’origine bactérienne sont plus rares. C’est généralement le streptocoque A qui est pointé du doigt, mais d’autres bactéries peuvent également être à l’origine de maux de gorge.
  • Autres causes :
    • Efforts de voix importants
    • Agents irritants : air sec, pollution, allergies ; tabac, substances irritantes ; sècheresse buccale, …
    • Effets indésirables de certains médicaments (chimiothérapie, corticothérapie en inhalation, …)
    • Le reflux gastro-œsophagien peut provoquer un mal de gorge, qui sera en général chronique et accompagné d’une toux matinale

Le saviez-vous ? Mal de gorge, difficulté à avaler ? C’est peut-être une angine. Cette infection des amygdales, parfois accompagnée de fièvre est douloureuse. Dans la plupart des cas, elle est bénigne et ne nécessite pas d’antibiotique. Demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.


3. Conséquences

Le virus ou la bactérie responsable du mal de gorge peut se propager à d’autres régions des voies respiratoires supérieures provoquant otite, sinusite, bronchite, … 

Un mal de gorge d’origine bactérienne à streptocoques A peut entraîner des complications graves dont la plus redoutée est le rhumatisme articulaire aigu, pouvant endommager les valves du cœur et d’autres organes. Cette complication est très rare et se prévient par un traitement par un antibiotique ciblé.


4. Diagnostic

Les symptômes cliniques permettent de diagnostiquer une angine, une laryngite, ou une pharyngite.

Dans de rares cas, le médecin peut suspecter une infection à streptocoque. Il confirmera son diagnostic par un test de diagnostic rapide qui se pratique par un prélèvement à l’intérieur de la gorge.


5. Prévention

  • Éviter les irritants locaux : tabac, atmosphère enfumée, pollution, …
  • Humidifier si l'air de la maison est sec.
  • Faire des inhalations à base d’huiles essentielles de pin, d’eucalyptus.
  • S’hydrater correctement (boire 1l d’eau par jour)
  • Se laver les mains régulièrement, se moucher dans des mouchoirs en papier, à jeter après chaque usage
  • Doper son immunité (moyen de défense) par une hygiène de vie saine :
    • Avoir un sommeil suffisant et de qualité
    • Manger équilibré et varié en privilégiant les fruits et légumes frais de couleurs variées, les poissons gras, les œufs et les aliments complets.
    • Des compléments nutritionnels renforcent l’immunité. On retrouve dans leur formule de la vitamine C, du zinc, du sélénium, des probiotiques et de la vitamine D. L’échinacée, à prendre sous forme d’infusion ou de préparations orales (gélules, solution buvable…)est aussi réputée pour renforcer les défenses naturelles. Prudence cependant : l’échinacée est contre-indiquée dans certaines pathologies auto-immunes. Demandez conseil à votre pharmacien !

6. Prise en Charge

Conseils hygiéno-diététiques : voir prévention (5)

6.1. Traitement

  • Pour soulager la douleur : prendre un anti-douleur. En l’absence de contre-indications, prenez du paracétamol ou de l’aspirine ou de l’ibuprofène en respectant les doses indiquées dans la notice.
  • Un traitement local : pastilles, bain de bouche et collutoires (sprays à utiliser en dehors des repas). Ils contiennent un ou plusieurs actifs :
    • Anesthésiant : ils diminuent la douleur en anesthésiant légèrement les tissus de la gorge
    • Antiseptique : ils éliminent les bactéries
    • Anti-inflammatoire : ils diminuent la douleur en réduisant l’inflammation.
  • Ces produits n’ont pas ou peu d’effets indésirables aux doses conseillées, néanmoins ils ne peuvent être utilisés plus de 5 à 7 jours. Éviter des formulations avec sucre chez les patients diabétiques.

6.2. Traitements naturels

6.2.1. Les médicaments homéopathiques

Belladona 9 CH, Mercurius solubilis 9 CH, 5 granules toutes les 1 à 2 heures, puis espacer lorsque votre état s’améliore).

Des spécialités regroupant plusieurs souches homéopathiques sont également disponibles.

6.2.2. Huiles essentielles (HE)
  • HE de tea-tree: 2 gouttes sur une cuillère à café de miel ou un sucre, 3 à 5 fois par jour.
  • HE de thym vulgaire à linalol: 2 gouttes dans du miel ou sur un sucre de canne et ce, 4x par jour jusqu’à amélioration nette des symptômes
  • HE de menthe poivrée : verser 1 goutte dans du miel ou sur un sucre de canne.
  • Les trois huiles essentielles peuvent être associés.
  • Pour prévenir les infections respiratoires : HE de Ravintsara, HE de Sapin baumier, HE de palmarosa, en diffusion atmosphérique, 30 minutes trois fois par jour.

ATTENTION : Une grande prudence s’impose toujours dans l’utilisation des huiles essentielles : toujours demander conseil au pharmacien pour l’utilisation et la posologie des huiles essentielles, non utilisables parfois chez la femme enceinte et en cas d’allergie et surtout contre indiquées chez l’enfant.

6.2.3. Phytothérapie

Des plantes à fonctions émollientes, adoucissantes (la Guimauve, la Mauve, le Bouillon blanc, le Plantain, de préférence sous la forme de décoction à boire) ou cicatrisantes (Calendula, la Réglisse, …) soulagent les maux de gorge.
Des plantes à huiles essentielles sont indiquées sous forme de tisanes pour leur action antiseptique et décongestionnante du système respiratoire : Origan, Pin sylvestre, Sarriette, Serpolet, Thym et Eucalyptus. Produit de la ruche, la propolis apaise le mal de gorge.


Toutes ces plantes sont à utiliser uniquement avec le conseil d’un pharmacien pour savoir quelle forme (tisane, décoction, inhalation, forme orale, ...) est la plus appropriée pour soulager un mal de gorge.

6.2.4. Gemmothérapie

L’utilisation de bourgeons et de jeunes pousses de plantes peut aider à soulager et surtout prévenir des maux de gorge. Ribes nigrum 1D associé à Rosa canina 1D sont indiqués en gouttes à prendre diluées dans un peu d’eau le matin à jeun.

6.2.5. Le saviez-vous ?

Homéopathie, phytothérapie, gemmothérapie, oligothérapie, aromathérapie… Les médecines complémentaires offrent de précieuses solutions pour renforcer les défenses immunitaires et soigner les maux de gorge. En fonction de vos besoins et de vos éventuels traitements en cours, l’équipe officinale peut vous conseiller. Même s’il s’agit d’un traitement naturel, il est important de respecter la posologie indiquée.


7. Quand consulter le médecin ?

  • Si la douleur s’accompagne d’une fièvre importante (> 38,5°) depuis plus de 2 jours ou d’une difficulté à avaler ou de vertiges.
  • Si la douleur persiste malgré le traitement.
  • Si vous êtes à une personne à risque : antécédents cardiaques, antécédents rénaux, patients greffés ou immunodéprimés, scarlatine dans la famille
  • Si vous avez déjà eu plusieurs angines

Date de dernière mise à jour : 03/05/2019