Peau > Dermatite atopique

1. Comprendre

La dermatite atopique est une maladie chronique de la peau de plus en plus répandue dans les pays occidentaux. Elle concerne principalement les bébés et les enfants (près de 20 % des enfants en seraient atteints).

Chez le nourrisson, la dermatite atopique atteint le visage, en particulier les joues et le mentonQuand l'enfant grandit, les lésions se localisent de préférence au niveau du cou, des plis du coude, des poignets et à l'arrière des genoux.

La maladie évolue par des périodes de poussées entrecoupée de périodes d’accalmie.

  • Au cours de la phase non-active, la peau est sèche, irritée et parfois légèrement squameuse.
  • Lors des poussées, la peau démange, présente une inflammation responsable de rougeurs et de démangeaisons, pouvant créer une infection

 

Dermatite Atopique - Cercle Visieux

 

Les démangeaisons sont le signe essentiel de la dermatite atopique. Les enfants se grattent beaucoup, ce qui inquiète les parents et perturbe la vie quotidienne de toute la famille. 


2. Causes

  • La dermatite atopique est plus fréquente chez les petits patients qui présentent un « terrain » atopique, c’est à dire une prédisposition familiale. Dans 80 % des cas, elle disparait ou régresse avant l’âge de 3 ans et dans 90 % des cas, à l’adolescence.
  • La Dermatite Atopique est causée par une réponse du système immunitaire inadaptée et une anomalie de la barrière cutanée qui ne joue plus son rôle de défense.

En savoir plus :

La peau constitue une barrière de défense contre les agents extérieurs. En condition normale, elle maintient cette fonction de barrière grâce à son hydratation optimale, et grâce à la présence de cellules de défense du système immunitaire.

Lorsque la peau est sèche, elle ne protège plus convenablement l’organisme, elle peut se fissurer, les agents extérieurs s’infiltrent alors dans l’épiderme. Le système immunitaire (le système de défense) est plus propice à se suractiver chez ces patients, ce qui provoque une inflammation.

  • Des liens entre l'environnement dans lequel vit une personne et le risque qu'elle développe cette maladie ont été relevés. Les grands centres urbains, où la pollution est élevée, et les climats froids, exposent davantage à la maladie.

La dermatite atopique est une maladie complexe et d’origine multifactorielle : facteurs immunologiques, génétiques, environnementaux.


3. Conséquences

  • La dermatite atopique modifie la qualité de vie du petit patient pendant la journée mais aussi la nuit occasionnant des troubles du sommeil.
  • Les surinfections dont l’apparition est liée aux lésions de grattage sont fréquentes, elles sont la porte d’entrée à d’autres infections : staphylocoques, streptocoques et autres virus de l’herpès.

4. Diagnostic

  • Le dermatologue confirme le diagnostic par une mise en évidence des signes cliniques de la dermatite atopique : sécheresse de la peau, irritation, démangeaisons et infection.
  • Il existe plusieurs degrés de sévérité de la maladie. Une échelle, le SCORAD, l’évalue selon l’intensité et l’étendue des lésions et démangeaisons et l’impact sur la qualité de vie.
  • Des tests pour rechercher une allergie ne sont que rarement nécessaires sauf dans certaines situations (échec traitement, familles où des allergies sont déjà diagnostiquées, …).

5. Prévention

Pour prévenir les poussées de la dermatite atopique, certains conseils s’imposent :

5.1. Eviter les facteurs déclenchants :

Les facteurs déclenchants varient suivant les patients et doivent être évités le plus possible. 

  • La dermatite atopique n’est pas une allergie alimentaire ! Ne faites pas faire à votre enfant un régime alimentaire sans l’avis de votre médecin qui aura identifié une allergie.
  • Si on suspecte une allergie à la poussière, aux animaux, certaines précautions sont utiles : alèses spécifiques sur les matelas, absence de tapis et de rideaux dans la chambre, évitez les peluches, ….
  • Le stress et le manque de sommeil peuvent également aggraver les manifestations
  • Ne pas fumer en présence d’un enfant !

5.2. Adopter des règles d’hygiène au quotidien

  • Ne pas surchauffer la chambre, la température idéale est de 19-20 degrés
  • N’habillez pas votre enfant trop chaudement pour éviter la transpiration, responsable d’irritation, et préférez les vêtements en coton
  • Gardez les ongles courts et limés. En cas de crise sévère, on n'hésite pas à mettre des gants ou des moufles en coton.
  • Lavez le linge avec une lessive douce, et contrairement à ce qu’il est dit, l’usage d’adoucissant est conseillé, mais à rincer abondamment !

5.3. Hydratez et renforcez la barrière cutanée avec des émollients !

  • On choisit un pain, un gel nettoyant ou une huile dermatologique sans savon et sans parfum. Le bain doit être court à la température de 37 °C (max 15 min pour le bain, 5 min pour la douche).
  • On s'essuie très doucement sans frotter (tamponner !)
  • Hydrater la peau avec des émollients !  Ces soins restaurent la barrière cutanée de la peau et ont une action anti-irritante. Le confort de votre enfant s’en trouve immédiatement amélioré !

Appliquez un émollient : un jeu d’enfant !

  1. Jouez à la coccinelle : appliquez la crème plusieurs fois par jour, par petite touche, sur l’ensemble du corps sur une peau encore humide.
  2. Chauffer l’émollient dans ses mains et étalez-le en massage doux
  3. De nombreux émollients existent sous différentes formes. Leur utilisation varie en fonction du degré de sècheresse de la peau. Choisissez-le sans parfum, et sans conservateur. Le meilleur des émollients est celui qui est bien toléré et qui est appliqué régulièrement.

 


6. Traitement

Il est très important de distinguer le traitement de la crise, c’est-à-dire celle des poussées, et le traitement de fond (5.1 prévention).

On ne guérit pas de la dermatite atopique, mais le traitement prescrit par le médecin diminue la fréquence des poussées ainsi que leur intensité. Et cela passe principalement par l’application de crèmes avec des corticoïdes. Ces médicaments arrêtent rapidement le cycle infernal : rougeur, grattage et le risque de surinfection. Les dermocorticoïdes utilisés correctement sont très efficaces et très bien tolérés. Les effets indésirables sont extrêmement rares en usage externe.


7. Question les plus fréquentes

Qu’est-ce qu’une école d’atopie ?

Pour comprendre et aider les patients à mieux gérer l’atopie, des écoles d’atopie ont été créées en milieu hospitalier. Ces écoles s’organisent autour d’une équipe pluridisciplinaire: dermatologue, pédiatre, allergologue, psychologue, diététicien, infirmière. L’enfant atteint d’atopie apprend à connaître sa maladie, à gérer au mieux les crises, à prendre soin de sa peau au quotidien et à appliquer son traitement de façon optimale, pour une meilleure qualité de vie.

Un enfant atopique peut-il aller à la piscine ?

Tous les enfants ont le droit d’aller à la mer ou à la piscine et de se baigner. La dermatite atopique n’est pas une maladie contagieuse. L’utilisation des émollients avant et après le bain est conseillée afin de ne pas assécher et irriter la peau.

Les probiotiques peuvent-ils prévenir la dermatite atopique ?

Les probiotiques pris par la future maman vont renforcer la composition de son microbiote intestinal (ensemble des bactéries intestinales) ainsi que des microbiotes transmis à l’enfant in utero et après sa naissance. Les bonnes bactéries ainsi transmises auront des effets bénéfiques sur son risque de dermatite atopique.

Faut-il changer l’alimentation de l’enfant ?

Non ! Sauf exception, on ne conseille pas de changer l’alimentation. De même, il n’y a pas d’intérêt particulier à lutter contre les acariens, les poils animaux, ni à faire des tests allergologiques. C’est seulement en cas de troubles digestifs ou respiratoires associés ou en cas d’atteinte de l’état général, qu’un bilan spécialisé est indiqué.


Date de dernière mise à jour : 03/05/2019